LE VOYAGE DU PÈRE

© Gafer, Films Copernic, Gaumont

France / 1966 / 81 minutes / couleur

Réalisateur : Denys de la Patellière
Scénario : Denys de la Patellière, Pascal Jardin
Photographie : Jean Tournier
Musique : Georges Garvarentz
Interprètes : Fernandel, Laurent Terzieff, Lilli Palmer, Michel Auclair, Madeleine Robinson, Philippe Noiret, Étienne Bierry, Rosy Varte, Yves Barsacq

L’intrigue : Un couple de paysans du Jura attend désespérément le retour de sa fille aînée, coiffeuse à Lyon. Le père décide d’aller la chercher, accompagné par l’instituteur du village.

Succédant à Jean Gabin, initialement prévu pour incarner le personnage principal, Fernandel trouve avec Le voyage du père l’un des plus beaux rôles de sa carrière. Émouvant dans la recherche désespérée de sa fille dans les bas-fonds de Lyon, piétiné par une épouse de caractère, au langage cru (magnifique Lilli Palmer), réconforté par une mère maquerelle bienveillante (Madeleine Robinson) et houspillé par l’instituteur affligé (Laurent Terzieff), l’acteur comique, pathétique dans sa candeur, puis dans son impuissance, perd son sourire et tire les larmes – les siennes et celles du spectateur. Le public des années 1960 bouda ce film – échec cuisant et douloureux pour l’acteur-producteur – probablement désarçonné par la noirceur de cette peinture pessimiste de la France des années 1960.

Il est à noter une étrange (mais intéressante) similitude du Voyage du père avec le Hardcore de Paul Schrader (1979), tissé autour d’une intrigue similaire, avec en toile de fond la même opposition entre deux espaces nationaux (ville/campagne) ou moraux (puritanisme/décadence).

J. Morvan (mars 2024)